Fossettes en bas du dos : est-ce rare et d’où viennent-elles ?

Les fossettes en bas du dos sont deux creux symétriques situés juste au-dessus des fesses, de part et d’autre de la colonne. Elles sont courantes, ne témoignent d’aucun problème de santé, et leur visibilité dépend surtout de l’hérédité et de la graisse sous la peau. Elles ne se confondent pas avec la fossette unique du nourrisson, qui se situe plus bas et relève parfois d’un avis médical.

Deux creux au-dessus des fesses : de quoi s’agit-il ?

On les appelle fossettes de Vénus, salières de Vénus, fossettes lombaires ou fossettes sacro-iliaques. Elles se logent au niveau du bassin, de chaque côté du sacrum, l’os triangulaire qui prolonge la colonne vertébrale.

Le creux s’explique par un ligament court qui relie la peau à l’os du bassin à cet endroit : la peau y est retenue en profondeur, alors que les tissus voisins bombent légèrement. Plus bas, la colonne se termine par le petit os du coccyx, qui n’a aucun rapport avec ces deux creux.

Est-ce rare d’avoir des fossettes en bas du dos ?

Ce trait est répandu, mais pas toujours visible. Beaucoup de personnes possèdent l’attache profonde sans que la peau ne dessine de creux, parce qu’une couche de graisse la masque.

Les pourcentages qui circulent en ligne ne reposent sur aucune source médicale solide, et aucun chiffre fiable sur la fréquence chez l’adulte n’est établi. Il faut donc distinguer les avoir et les voir : la rareté apparente tient à la visibilité, pas à l’anatomie.

Pourquoi certaines personnes en ont et d’autres non

L’hérédité joue le rôle principal : la longueur du ligament et la forme du bassin se transmettent dans une famille, ce qui explique que des parents et leurs enfants présentent souvent les mêmes creux. Deux frères ou sœurs peuvent pourtant différer, car la silhouette et la masse grasse changent d’une personne à l’autre.

La masse grasse sous la peau décide ensuite de ce qui se voit. Une couche fine laisse apparaître le creux, une couche plus épaisse l’efface, et la visibilité peut donc changer au fil des années avec les variations de poids.

Maquette en bois d'un bassin et d'un sacrum posée sur un bureau

Chez la femme et chez l’homme : des différences visibles

Les deux sexes peuvent en avoir. Le bassin et la répartition des graisses diffèrent pourtant : chez la femme, le bassin plus large et la graisse située plus bas autour des hanches rendent les creux plus souvent visibles ou, au contraire, plus souvent masqués selon la morphologie.

Chez l’homme, ils sont moins fréquemment remarqués, sans que cela indique une absence. Il s’agit d’une particularité anatomique neutre, comme la forme des oreilles ou la couleur des yeux, qui n’a ni valeur médicale ni signification sur la santé ou la condition physique.

Peut-on faire apparaître des fossettes en bas du dos ?

La réponse dépend de ce qui manque. Quand l’attache existe mais qu’une couche de graisse la cache, une baisse de la masse grasse peut la faire ressortir, et un travail des fessiers et des muscles lombaires modèle la zone autour.

En revanche, aucun exercice ne crée un ligament absent. Des interventions esthétiques proposent de dessiner ces creux, mais ce sont des actes chirurgicaux avec leurs risques, à discuter avec un médecin et non à choisir sur la foi d’une photo.

Pédiatre examinant le dos d'un nourrisson sur une table à langer

Fossette unique chez le bébé : un autre sujet

Chez le nourrisson, il existe une fossette différente : la fossette sacro-coccygienne, un creux unique placé sur la ligne médiane, près du haut du pli entre les fesses. La fossette sacro-coccygienne est le plus souvent superficielle et banale.

Un avis médical se justifie quand elle paraît large ou profonde, quand des poils ou une tache colorée l’entourent, ou quand elle laisse sortir un écoulement. Le pédiatre l’examine alors pour écarter une anomalie plus profonde.

Ce suivi se fait en général lors des examens de routine du nourrisson. Les parents qui remarquent un creux inhabituel au bas du dos de leur enfant peuvent le signaler à cette occasion, sans urgence tant que la peau reste saine et que l’enfant ne montre aucune gêne.

Douleur, rougeur ou écoulement : quand consulter

Les fossettes de Vénus ne font pas mal et ne demandent aucun suivi. Une douleur, un gonflement ou un écoulement dans le haut du pli entre les fesses évoque autre chose, notamment un kyste pilonidal.

Cette cavité sous la peau, souvent remplie de poils, est généralement sans symptôme tant qu’elle n’est pas infectée. Quand un abcès se forme, il devient douloureux et peut s’ouvrir par la peau en laissant un écoulement intermittent. La question du contexte d’apparition d’une douleur aide le médecin à situer l’origine.

Deux creux symétriques, indolores et stables dans le temps sont donc une simple variante de l’anatomie. Une zone qui devient douloureuse, chaude ou qui suinte mérite en revanche une consultation sans attendre.