En France, près de 95 % de la population bénéficie d’une complémentaire santé, mais cette statistique masque des réalités très contrastées. Un million de personnes ne disposent que de la Sécurité sociale, sans aucune mutuelle, et s’exposent ainsi à des restes à charge parfois lourds. Comprendre pourquoi cette frange reste non couverte, et quels dispositifs existent pour y remédier, est utile à quiconque cherche à faire valoir ses droits.
Une couverture quasi universelle, mais inégale selon les profils
Les jeunes adultes entre 25 et 34 ans figurent parmi les plus exposés au non-recours : 5 % d’entre eux n’ont aucune complémentaire santé, contre 3,4 % pour l’ensemble de la population (données DREES 2023). Ce qui interpelle, c’est que le motif financier n’est invoqué que par 22 % de ces jeunes non couverts, contre 34 % pour la population générale. La méconnaissance des droits et le sentiment de ne pas en avoir besoin à cet âge semblent donc jouer un rôle tout aussi déterminant que le manque d’argent.
A voir aussi : Conseils pour bien choisir sa mutuelle santé
Les inégalités sont aussi territoriales. Les ménages vivant dans des zones sous-dotées en professionnels de santé subissent davantage les effets d’une mauvaise couverture complémentaire, puisque les soins spécialisés, souvent les moins bien remboursés par l’Assurance maladie, y sont plus difficiles d’accès. Les acteurs du secteur alertent par ailleurs sur les risques que certaines réformes du PLFSS 2026 pourraient faire peser sur l’accès aux soins des ménages les plus fragiles.
La Complémentaire Santé Solidaire, une mutuelle aidée souvent méconnue
Pour les personnes à revenus modestes, il existe un dispositif public permettant d’accéder à une mutuelle santé gratuite ou à très faible coût : la Complémentaire Santé Solidaire (CSS), qui a remplacé l’ancienne CMU-C et l’ACS. Elle fonctionne sur deux niveaux. En dessous d’un certain plafond de ressources (868 euros par mois pour une personne seule depuis avril 2026), la CSS est entièrement gratuite. Légèrement au-dessus, une participation financière peut être demandée, mais elle est plafonnée à 1 euro par jour maximum, quel que soit l’âge du bénéficiaire.
A lire en complément : Comment choisir une couverture santé adaptée à votre entreprise
Les ressources prises en compte couvrent les 12 mois civils précédant l’avant-dernier mois de la demande, toutes entrées confondues, qu’elles soient imposables ou non. Une personne retraitée vivant seule avec 750 euros de pension mensuelle est, par exemple, pleinement éligible à la CSS gratuite. Pourtant, selon des estimations attribuées au Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie, environ la moitié des personnes éligibles ne la demandent pas. Ce non-recours massif explique en grande partie pourquoi une fraction de la population reste sans couverture complémentaire malgré l’existence du dispositif.
Faire le point sur sa situation reste la première étape
Les plafonds de la CSS sont revalorisés chaque 1er avril, indexés sur l’évolution des ressources des ménages. Il est donc utile de vérifier régulièrement si sa situation ouvre droit au dispositif, notamment après un changement de statut professionnel, une séparation ou un départ à la retraite. Pour les jeunes, un gel ponctuel des cotisations des complémentaires a été mis en place en 2026, mais il n’a pas suffi à réduire significativement le non-recours dans cette tranche d’âge.
Au-delà des dispositifs d’aide, universante.org propose des informations pratiques pour mieux comprendre ses droits en matière de santé et accéder aux ressources adaptées à sa situation.

