Un chiffre brut, presque brutal : en 2024, près de 80 % des parents interrogés déclarent avoir été déstabilisés par les pleurs de leur bébé au cours des premières semaines. Derrière ce nombre, une réalité têtue : comprendre les signaux du nourrisson relève souvent du casse-tête. Et pourtant, dès la grossesse, certains chercheurs évoquent déjà l’existence de comportements proches des pleurs, observés à l’échographie. Grimaces, contractions du diaphragme, mimiques qui ressemblent à des sanglots… De quoi agiter les débats entre experts et futurs parents, même si aucune preuve formelle n’établit que les bébés pleurent véritablement avant la naissance.
Ce flou nourrit les questionnements. Entre réflexes physiologiques et premiers signes de communication, difficile parfois de trancher. Mais il existe des repères et des astuces pour mieux décrypter les réactions du fœtus, et, plus tard, pour comprendre ce que le nourrisson tente d’exprimer par ses pleurs.
Les coliques du nourrisson : un passage fréquent mais souvent déroutant
Le terme colique du nourrisson revient fréquemment dans les conversations entre jeunes parents, pédiatres ou à la sortie de la maternité. Ce trouble digestif, extrêmement répandu, se manifeste surtout dans les toutes premières semaines de la vie. Il se traduit par des pleurs soutenus, difficiles à calmer, qui s’installent surtout entre la deuxième et la douzième semaine. Bébé se crispe, ramène ses jambes sur le ventre, son visage se tend, et rien ne semble pouvoir le soulager sur l’instant. Cette situation, très déstabilisante, laisse souvent les parents démunis face à une détresse qui semble inexplicable.
À l’origine de ces fameuses coliques : le tube digestif, encore immature, qui peine à gérer la digestion du lait, en lien parfois avec un système nerveux en rodage. Tout cela provoque des réactions amplifiées, dont le point culminant survient autour de la sixième semaine, comme le confirment de nombreux spécialistes. Mais il faut le rappeler : au fil des mois, avec la croissance et la maturation des organes, ces accès de pleurs diminuent nettement, pour disparaître progressivement vers quatre mois.
En l’absence de langage, le nourrisson utilise le cri comme principale alerte. Les coliques du nourrisson pleurs traduisent un inconfort digestif, une gêne, une douleur, ou parfois le simple besoin d’être rassuré. La répétition et l’intensité de ces crises déstabilisent, et l’épuisement guette bien des familles. Pourtant, il s’agit d’un épisode fréquent, qui finit par passer.
Comment distinguer les pleurs liés aux coliques des autres pleurs de bébé ?
Identifier un pleur de colique demande d’observer de près l’intensité, la durée et le contexte. Ces pleurs démarrent souvent brusquement, le plus souvent en fin d’après-midi ou en soirée. Rougeur du visage, jambes repliées, poings fermés : tout indique une gêne profonde. Les crises dépassent parfois trois heures, se répètent plusieurs fois par semaine, et résistent aux gestes consolateurs habituels.
À l’opposé, les pleurs de faim montent en puissance de façon plus progressive, accompagnés de mouvements de succion ou d’une agitation autour de la tétée. Les pleurs de fatigue apparaissent à la fin d’une phase d’éveil, entre bâillements et frottements d’yeux, et se calment plus rapidement. Quant aux pleurs d’inconfort, ils disparaissent dès que le besoin (changer une couche, ajuster un vêtement) est satisfait.
Un autre type de cris attire l’attention : les pleurs de décharge, fréquents en fin de journée. Ils signalent un trop-plein d’émotions ou de stimulations, et s’apaisent souvent grâce à un environnement plus calme, au portage ou à l’enveloppement. Pour affiner cette lecture, certains parents se tournent vers la méthode Dunstan Baby Language, qui propose une analyse des sons du nourrisson pour différencier la faim, les gaz ou la fatigue. Observer les gestes, les mimiques, l’ambiance autour du bébé aide aussi à décoder ces signaux parfois déroutants.
Des astuces concrètes pour apaiser un bébé qui souffre de coliques
Face aux coliques du nourrisson, nombreux sont les parents qui cherchent des solutions concrètes pour apaiser leur bébé en détresse. Plusieurs approches ont fait leurs preuves, à commencer par le portage : tenir son enfant contre soi, ventre contre ventre, procure un réconfort immédiat et favorise souvent l’endormissement. Le peau à peau agit comme un véritable apaisant naturel, régulant la respiration et le rythme cardiaque, tout en atténuant la sensation de douleur abdominale.
L’ambiance autour du bébé influence aussi sa capacité à s’apaiser. Un environnement calme, une lumière douce, peu de bruits agressifs : autant de paramètres à surveiller. Certains bébés réagissent positivement aux bruits blancs (le souffle d’un aspirateur, une radio entre deux stations), ou à une musique douce, notamment lors des fameux pics de pleurs du soir.
Le massage abdominal fait partie des gestes recommandés par les professionnels. En effectuant des mouvements circulaires, toujours dans le sens des aiguilles d’une montre, il est possible de faciliter l’élimination des gaz et de détendre le ventre du bébé. Un bain tiède peut également aider à détendre le système nerveux et à soulager l’inconfort. Chez les enfants qui ont un fort besoin de succion, la tétée ou la sucette jouent un rôle apaisant immédiat.
Voici les principales stratégies que de nombreux parents utilisent pour accompagner leur bébé lors d’une crise de coliques :
- Portage et peau à peau
- Musique douce et bruits blancs
- Massage abdominal
- Bain tiède
- Tétée ou sucette selon le besoin de succion
Le timing de la réponse compte également. Intervenir dès les premiers pleurs aide à instaurer un climat de sécurité et à prévenir l’escalade de la crise. Pour le nourrisson, la proximité du parent, sa voix, son odeur, son regard, reste le fil d’Ariane dans ce moment d’inconfort.
Quand s’inquiéter et demander conseil à un professionnel ?
Parfois, les pleurs du nourrisson s’installent dans la durée ou deviennent particulièrement intenses. Lorsqu’un bébé pleure plus de trois heures par jour, plusieurs jours d’affilée, il est recommandé de rester attentif. Les professionnels de santé, pédiatres, puéricultrices, sont là pour distinguer un trouble digestif banal d’un problème plus rare.
Certains signes associés doivent alerter : fièvre, vomissements, changement dans les selles, refus de s’alimenter, perte de poids, teint inhabituel. Présents aux côtés de pleurs persistants, ces éléments justifient une consultation rapide. Bébé n’a pas d’autre moyen que le cri pour indiquer une douleur aiguë, une allergie aux protéines de lait de vache, un reflux gastro-œsophagien ou parfois une infection.
Si l’état général se détériore, bébé amorphe, moins tonique, peu réactif, il est impératif de consulter sans attendre. Les coliques du nourrisson, même impressionnantes, ne se manifestent jamais par une léthargie ou une perte d’éveil. La répétition de pleurs inconsolables, malgré toutes les tentatives d’apaisement, mérite aussi un bilan médical pour écarter une pathologie plus sérieuse.
Voici les principaux signes qui doivent vous inciter à solliciter un avis médical :
- Fièvre, vomissements, diarrhée ou constipation persistante
- Refus répété de s’alimenter ou perte de poids
- Léthargie ou modification brutale du comportement
Les parents sont souvent les mieux placés pour repérer un changement inhabituel. En transmettant des observations précises au professionnel de santé, ils facilitent un diagnostic rapide et une prise en charge adaptée. C’est aussi la meilleure manière de limiter l’anxiété face à ces premiers grands mystères des pleurs du bébé.
Chaque crise traversée, chaque nuit réparée affirme la confiance des jeunes parents et dessine peu à peu une nouvelle routine. Les pleurs du nourrisson restent une énigme, mais aussi la première grande conversation de la vie : celle où l’on apprend à se comprendre, sans un mot.


